lundi 12 mars 2012

Sommaire


    Introduction

1-Papilio Machaon, le machaon
2-Parnassius Apollo, le roi de la montagne
3-Heodes dispar un trésor est chaché dedans
4-L’Ecaille chinée de Rhodes
5-Le grand Paon de Nuit et Henri Fabre
6-Le mystère d’Anthocaris Euphenoides en Tarn et Garonne
7-L’histoire d’Antiopa et de Churchill
8-Le Sphinx Tête de Mort du pharaon de Turin
9-Le Paon du jour et les yeux de paon
10-Hebe ou la mythologie continue
11-Graellsia Isabellae ou la belle histoire
12-Thaïs Hypsipile ou pourquoi avoir vécu neuf ans en Arles
13-Le grand mars aux reflets changeants de Colette                                
14-La piste du Dorycnium
15-Alexanor et la leçon de médecine
16-L’histoire d’Apatura Ilia ou l’énigme de la « deuxième génération »
17-Archon Apollinus et l’oracle de Delphes
18-Charaxes Jasius notre pied noir d’Afrique
19-Lysandra Coridon ou le bucolique berger de l’été
20-Mais qui leur a peint des yeux ? est-ce donc le loto qui peint ?
21-Podalirius, le frère de Machaon,le papilio planeur
22-Vanessa Atalanta, l’évolution dans les îles, ou Darwin avait raison
23-Hospiton ou Bonaparte prend le maquis
24-Dessine moi un papillon lettre à St –Ex
25-Eudia pavonia, encore une histoire d’yeux
26-Me réincarner en papillon ? N’y pensons plus : le poids de l’âme !
27-Samia Cynthia, un chinois dans Paris
28-Anthocaris cardamines, ou l’extase d’Aurore
29-Euphydrias cynthia, le montagnard de saint-Véran
30-Acanthobrahmaea europaea, Il conte e le farfalle.
31 Malicorne d’Hubert Reeves La théorie du huitième jour et l’effet papillon
32 Vanessa cardui, la belle dame…du chardon…ou d’ailleurs
33-Satyres de nos bois
34-Vous avez dit Catocala ? les beaux dessous de la mariée !
35-Maculinea arion, la chenille et la fourmi
36-On les appelle Nacrés, miroir mon beau miroir
37-Limenitis populi, la crème de Chantilly
38 Arschnia levana, soyons sympa pour porrima
39-Eudaemonia, le papillon du bonheur
40-Scolitantides Orion, la constellation d’un chasseur, né d’une peau de vache
41-Gastropacha quercifolia, elle se prend pour une feuille
42-Mes amis sphinx posent toujours des énigmes
43-Ascalaphe n’est pas un papillon, mais un trojan horse
44-Gonepteryx Cleopatra, pressé comme un citron, sauf en Provence
45-Epilogue



mercredi 21 décembre 2011

Epilogue

J’ai eu la chance d’avoir des Maîtres, et même des Maîtres-es-papillons. Puis j’ai été Maître à mon tour. Avec l’initiation j’ai compris le sens des trois piliers : force ; sagesse et beauté. Car sans Force on ne peut résister aux coups durs de la vie et il faut la force (de caractère) pour conduire une vie d’étudiant ; puis un parcours professionnel. Il faut la force physique, la force morale, puis la force spirituelle de regarder droit-devant dans la dernière ligne droite. Peut-être ces stades constituent-ils une métamorphose progressive, avant l’accomplissement final de l’âme ? Comme les métamorphoses du papillon ?

La sagesse, c’est la grâce de ne pas succomber à la mode, et de s’en tenir à l’essentiel, en respectant l’autre. Une maxime latine traduit bien l’état d’esprit de notre société : « Virtus post Nummos ». La vertu après l'argent. Il n’y a rien de plus détestable, avec la vulgarité. La sagesse apporte l’apaisement, une fois mises en avant les valeurs humaines vraies : travail ; loyauté, et amour.

Et sans beauté on ne peut tout simplement pas vivre, car il n’y a plus du tout alors de sens à la vie ; la beauté entraîne le choc émotionnel esthétique, et les grandes excitations spirituelles. On ne peut vivre sans peintres ni sans sculpteurs. J’ai tenté dans la villa Apollo de m’entourer d’un cabinet de curiosités, comme ceux du dix-huitième siècle, mais il est moderne grâce à la photographie et aux nouvelles technologies. Je me rappelle cette leçon de décoration à l’usage des peu argentés : « si vous voulez décorer une pièce, créez une bibliothèque, même composée de livres de poche ; elle n’a pas besoin d’être grande ! ». Vous pouvez accrocher des photos au mur, et les encadrer vous-mêmes. Si vous encadrez des papillons, vous serez certain d’être entouré de  beauté.

Grand romantique, je ne me lasse pas du spectacle de la nature. La richesse pour moi, c’est la diversité. Rien de plus nostalgique que d’aller voir dans les vitrines du Muséum les œufs énormes de l’Aepyornis de Madagascar, car je me dis que l’Ornithoptère Queen Alexandra's Birdwing d’Australie, dont l’envergure atteint vingt-huit centimètres, pourrait bien disparaître lui aussi. Et avec lui ce serait un peu de pure beauté qui s’en irait.

Pour protéger cette diversité, il n’y a qu’une parade : préserver les habitats. L’homme a une chance immense, il peut coloniser n’importe quelle terre aride, comme à Dubaï ! Les espèces vivantes, non. Elles se sont adaptées à des équilibres souvent fragiles : sol-climat-environnement végétal, voire symbiose avec d’autres espèces. Intervenir là-dedans, c’est véritablement être l’éléphant dans un magasin de porcelaine !

On sait faire, comme le montre la réussite de la politique des Parcs naturels, qui tentent de rendre harmonieuses la vie humaine et celle des espèces végétales et animales dans un même espace ; on a vu que même à Paris cette cohabitation était possible.

Par contre on fait trop fi de la propriété foncière : les agriculteurs abritent souvent dans leur champ des trésors de la nature dont ils n’ont pas conscience ; c’est dommage, l’Agriculture a connu un courant de pensée étonnant, quand elle a inventé la politique des contrats territoriaux d’exploitation. L’idée d’une agriculture respectueuse de l’environnement s’est alors manifestée (loin de dire qu’elle a prévalu !), quitte à en compenser financièrement les inconvénients (les fameux nummos qui précèdent la virtus), agriculteur par agriculteur ; en réalité propriétaire-foncier par propriétaire-foncier. Mais cette politique a souvent été détournée comme un robinet financier de plus, en perdant son sens quand on a voulu faire des agriculteurs les jardiniers de l’espace. Comme on disait en classes de latin, voilà un vrai faux sens car il ne s’agit pas de transformer la planète en jardin, il ne s’agit pas de jardinage, mais de conservation au sens Conservateur des eaux et forêts, celui qui "imite la nature et ne fait que hâter son œuvre", en la perpétuant intacte dans toute sa diversité. Il y faut de l’humilité, et ce n’est pas la vertu la plus répandue depuis que l’homme se prend pour Dieu.

J’ai tenté de faire changer les esprits, quand j’étais aux affaires. Comme souvent dans ma vie, j’avais dix ans d’avance, et me prenais pour Cassandre. Je croyais qu'avec les systèmes d'information géographiques, on allait pouvoir repérer les biotopes sensibles, relier cette information aux aides reçues par les propriétaires, et obtenir d'eux quelques pratiques bio en échange, le but étant de sauver les insectes. Morts de rire ont été mes interlocuteurs, quand j'ai osé leur avouer ce projet...! Vous observerez que le nouveau site data.gouv.fr récemment mis en ligne ne contient aucune information spatiale environnementale, sauf les périmètres des Appellations d'origine contrôlée (A.O.C) dont je ne sais ce que le grand public va réellement en faire.

Depuis, des tas de personnalités, comme le talentueux Hubert Reeves, et d’autres hommes et femmes célèbres, s’emparent de ce sujet en Politiques soucieux d’être clairvoyants. Mais, soit dit sans forfanterie, ils prêchent le risque d’une sixième crise d’extinction des espèces, et ils s’achètent pour eux-mêmes un petit Paradis de Nature. Mais dans la pratique ils ne savent  comment s’y prendre, sauf constituer un groupe de pression, pour faire adhérer le plus grand nombre. Le discours écologique (et non pas écologue) en cette période pré-électorale est de ce point de vue navrant d'absence d'arguments. On peut être une ancienne (brillante) juge et cependant incompétent(e) en sciences de la Nature...!

J’ai appris ce qui suit dans mon parcours personnel dans l’enseignement agricole, où l’ingénierie de formation amène couramment la réflexion à des altitudes élevées : pour faire changer les mentalités du plus grand nombre de ses contemporains, ce qui est le fondement même de la vocation du Politique (servir l’intérêt général), on doit absolument se poser trois questions, sans lesquelles tout n’est que palabre :

-savent-ils ?
-peuvent-ils ?
-veulent-ils ?

-Savent-ils qu’il existe des papillons et quelle est la fragilité de leur existence ?

-Peuvent-ils (quand ils en ont l’opportunité notamment quand ils en possèdent foncièrement les habitats), les préserver durablement ? Subissent-ils des contraintes techniques ; matérielles ; organisationnelles ; fiscales et financières aussi ? comment lever ces contraintes... pour qu'ils puissent...?

-veulent-ils que perdurent les papillons, ou préfèrent-ils poursuivre d’autres objectifs pour leurs terrains, comme plus de nummos par exemple, (en choisissant l’immobilier ou autre) ?

Se poser ces questions, marque le début d’un commencement de réponse…

Colette nous l'a déjà appris, c’était en 1936, chez Plon. On est censé savoir. Au moins depuis deux cent soixante ans que Linné nous pousse à étudier la mythologie. On peut car les techniques abondent. J'ai peur qu'on ne veuille pas vraiment ?


Cher lecteur ami, vous savez maintenant. Profitez des papillons tant qu’il en existe encore.

N’y voyez que force, sagesse et beauté.

Peut-être cela suffira-t-il à vous rendre heureux ?

Car si l’on est sage,

 on peut être heureux simplement

en admirant ce bel Argus bleu !









mes amis papillons



Mes amis Papillons

Histoires mythiques  d’un écologue


…on devient jeune à soixante ans !
 dommage que ce soit un peu tard !
                                        Picasso



Je dédie ces petites histoires à mon père Roger.
Instituteur, il m’a donné le sentiment tout petit d’être le fils de Pagnol.
Tel Lorenz, il m’a imprégné de l’amour des papillons.
C’est un grand cinéaste,
et il sait tout des mœurs de Machaon.
C’est grâce à lui que j’ai appris le latin,
et j’espère qu’il trouvera ici les commentaires
lui permettant d’évoquer dans ses films
les Dieux de la Grèce antique.




Message à mes petits enfants :

J’ai eu la chance d’avoir un Maître : Robert Blanchard
et je possède toujours ses boites en noyer du Lot.
Prenez soin de cette collection, elle a quarante ans !
En voici l’histoire…



J'ai écrit toutes ces petites histoires il y a deux ans, pour Noël 2009. Je rêvais, comme tout auteur, de me faire publier. Hélas, le parcours traditionnel d'un auteur amateur est terriblement sélectif. Le mien a commencé par la rencontre avec une éditrice qui, inquiète d'avoir à s'aventurer dans une aventure écologique, a décidé de découper mon "immeuble par appartements", dans une sorte de "vente à la découpe" comme on dit dans le secteur immobilier. Deux opuscules ont finalement été édités en deux ans, et puis tout s'est arrêté.

Heureusement qu'il y a internet, et les blogs : ils permettent de s'auto-éditer et de jeter des bouteilles à la mer sur la toile mondiale. En un an, vous avez été sept mille visiteurs de mes messages illustrés. Vous m'avez beaucoup appris, y compris que Graellsia Isabellae fréquentait le Valais en Suisse, une délocalisation dont j'ignorais totalement l'existence, je dois bien l'avouer !

Aujourd'hui, je mets de l'ordre dans les chapitres, en reconstituant une préface ; un épilogue ; et une table des matières. Celle-ci permettra de visionner l'ensemble, et de se rendre informatiquement, comme on le ferait en feuilletant un livre, au chapitre intéressant.

Au demeurant, on pourra charger le tout sur son ipad, lire verticalement, et feuilleter virtuellement ces quelques pages (gratuites), sans s'encombrer de l'habituel papier (payant).

       Et vive les nouvelles technologies de l'information et de la communication !


Noël 2011




Les papillons nous fascinent par leurs métamorphoses : d'abord ils ont la forme d'oeuf. Après une première transformation mystérieuse, il en sort une chenille. Ces dernières grossissent, puis muent, abandonnant plusieurs fois leur ancienne peau, changeant souvent de forme, de couleurs, de longueur et de grosseur. C’est quand elles sont chenilles qu’elles dévorent des feuilles, des tas de feuilles : ce sont des végétariennes pur jus. Difficiles, elles n’acceptent souvent qu’une espèce de plantes : la carotte et le fenouil pour le Machaon. La pomme de terre (les feuilles de pommes de terre !) et les solanées pour le Sphinx Tête de Mort. Les orties pour la plupart des vanesses dont le Paon du jour. C’est d’ailleurs à ce stade que le papillon est fragile : supprimons la nourriture de la future chenille, il n’aura plus d’endroit où pondre ; la chenille ne pourra se développer, et il n’y aura plus d’adultes…. C’est un peu ce qui arrive aujourd’hui, mais comme le dirait Kipling, ceci est une autre histoire !

La chenille au dernier stade se transforme en… chrysalide. Souvent, elle tisse une enveloppe de protection pour que les prédateurs ne viennent pas l’ennuyer pendant  sa longue période d’incubation : c’est le cocon. Il y a des cocons merveilleusement tissés, comme des nasses, qui possèdent un opercule de sortie fabriqué pour que l’adulte puisse sortir de l’intérieur vers l’extérieur, mais qu’un intrus ne puisse entrer de l’extérieur vers l’intérieur ! C’est le cas du grand Paon de nuit par exemple.

Ce n’est qu’après tous ces préalables que de la chrysalide, un jour, on ne sait pas trop par quel mécanisme, (mais on va voir ensuite qu’il est extraordinaire), sort, s’extrait plutôt, le papillon adulte. C’est un accouchement douloureux, silencieux mais qui tient du miracle : le papillon extrait de l’enveloppe de la chrysalide ses pattes, et il en a six ; ses antennes, et il en a deux ; son thorax, et son abdomen. Miracle : il a sur le dos ses ailes, enveloppées comme la toile d’un parachute avant l’ouverture. Et s’accrochant à un support, qu’il lui faut trouver le plus vite possible dans la nature, il va se pendre par les pattes, ouvrir la toile du parachute, et injecter dans les nervures de la lymphe pour faire gonfler la voilure. Peu à peu, en une heure magique, les quatre ailes vont se déployer, jusqu’à devenir toutes raides sous l’effet du soleil.

Et d’un coup d’aile, sans avoir jamais appris, le papillon, l’adulte, celui qu’on voit généralement, va se mettre à voler, va chercher à butiner car son estomac est vide, et va surtout chercher le conjoint qui va mettre fin à sa solitude car il a horreur d’être seul : sa finalité, son boulot pourrait-on dire, est de trouver l’âme sœur, convoler en justes noces, pour faire des bébés. Et recommencer indéfiniment le cycle de la vie.

C’est pour cela qu’ils nous fascinent ; et pour bien d’autres mystères encore : comment d’abord sont-ils botanistes, au point de reconnaître la plante sur laquelle pondre pour permettre à leur chenille de manger ? Mais ils ne sont pas que botanistes : ils connaissent les saisons, et gèrent le temps de manière remarquable.

Songeons-y bien : tous les ans, en fonction des saisons, les plantes annuelles poussent, au printemps la plupart du temps. Elles grandissent, donnent des fleurs, puis des fruits, et puis meurent. En hiver elles peuvent même disparaître sous la neige ! C’est le cas du fenouil : petite et tendre herbe odorante au printemps, l’été voit se développer les ombelles de fleurs jaunes, que l’on glisse dans le ventre du bar pêché à la ligne en Bretagne. Et à la fin de l’été, le fenouil sèche. La cuisinière en fait des bottes qu’elle conserve pour de futures grillades.

Eh bien le papillon sait gérer ce calendrier d’une manière étonnante : pour être certain que le cycle va se dérouler de manière efficace, les mâles vont éclore d’abord.

Ces derniers, comme des « mecs » qu’ils sont, vont immédiatement aller butiner les fleurs mellifères, qu’ils sucent goulûment avec leur trompe. Repus, que croyez vous qu’ils font : ils arpentent les prés à la recherche d’une femelle !

Et c’est là que ces dernières décident d’éclore ! Formidable, non ? D’abord, elles choisissent que les mâles soient déjà présents. Mais plus fort encore, elles choisissent que la nourriture de la future chenille soit elle aussi disponible ! Et d’une année à l’autre, le décalage peut représenter quinze jours au moins ! C’est même encore plus caractéristique entre les papillons vivant dans la plaine, et leurs cousins de montagne, où le froid peut créer un décalage d’un mois à quelques kilomètres de distance !

Donc la nourriture de la chenille se prépare au printemps avec la renaissance de la plante nourricière ; le mâle est en vol. La jeune papillonne vierge sort de sa chrysalide. Et sans le faire exprès, (mais le créateur l’a programmée pour cela), elle émet des phéromones, des odeurs puissantes, tellement aphrodisiaques que les mecs en vol rappliquent aussitôt. Ils étaient déjà en chasse voyez vous bien. Et maintenant, c’est comme s’ils avaient respiré du viagra ou une substance analogue ! On ne les tient plus !

Les plus vigoureux, a déjà remarqué Darwin, arrivent les premiers, et les amours peuvent revêtir des formes endiablées, ça peut même se passer en l’air, d’où l’expression du même nom, qui vient le voyez vous de l’attitude très libérée de nos papillons ! Ou à terre, souvent dans l’herbe d’ailleurs. Parfois, tel un animal à deux dos comme les décrivait Rabelais, un couple volète, à l’initiative de l’un, accroché à l’autre…. !

Et puis la femelle devient maman. Son boulot, (les mecs on ne s’en soucie plus, et d’ailleurs ils vont mourir) va être de voleter de plante nourricière en plante nourricière, c’est elle la botaniste, et de coller ainsi au garde-manger, le nombre d’œufs proportionné à la grosseur de la plante ! Sur un bouquet de fenouils, on trouvera ainsi répartis sur les tiges quatre ou cinq œufs de Papilio Machaon pas davantage, afin qu’à l’éclosion chaque chenille soit environnée de nourriture, et que frères et sœurs ne se chamaillent pas, du moins pas tout de suite !

Donc les papillons sont des botanistes, des chimistes et ont une horloge biologique quelque part dans le corps.

Ce sont d’excellents pacifistes aussi : sans armes, comment se protéger des prédateurs, de la gent ailée des insectes qui ne cherche qu’à piquer pour elle aussi alimenter la future progéniture, je parle des guêpes et nombreux hyménoptères chasseurs de chenilles et de papillons. Je pense aussi aux oiseaux grands mangeurs de chenilles et de papillons adultes.

Alors, on se camoufle : la chenille ? on lui met des barres vertes et noires, et tel un tigre dans la savane, elle devient invisible dans le bouquet des fenouils. Le papillon ? On lui met des ocelles, souvent de faux yeux, de manière que le prédateur croie se trouver devant le masque terrible d’un plus féroce que lui. Lâchement alors, il va voir ailleurs une proie moins inquiétante !
Car la décoration des papillons est la plus étonnante de toutes leurs particularités : couleur lichen des ailes antérieurs, et rouge vif des postérieures : dérangé, l’adulte ouvre ses oripeaux, et flashe l’intrus de l’éclair de ses postérieures ! même un homme recule devant le feu d’artifice d’une Lychenée dite « Mariée », ou d’une Ecaille chinée ! Le Machaon a deux petites taches rouges aux postérieures elles-même prolongées de petites queues : eh bien l’oiseau en vol qui veut l’attraper becquette ces ocelles. L’adulte soulagé de ses appendices survit, comme s’il avait lâché du lest ! Devant la tête de mort ornant le thorax du sphinx qui porte le même nom, on comprend que les pharaons eux-mêmes aient pu être impressionnés, et prêter aux papillons des vertus particulières. Les Grecs, eux, pensaient que les âmes se réincarnaient en papillon, et les respectaient ainsi comme leurs propres ancêtres !

Ce petit livre veut ainsi vous faire réfléchir : car dernière vertu, les papillons sont beaux. Efficacité oui, et plus encore beauté. Une beauté gratuite, que les collectionneurs vont traquer tout autour de la planète, dans les endroits les plus reculés.

Pourquoi cette beauté ? ces couleurs appropriées, ces écailles éclatantes, ces dessins détaillés ? C’est le plus grand mystère, et il faut sans doute d’autres réponses que celles de Darwin pour comprendre ! Y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? derrière ce produit de l’évolution, la question fuse d’elle-même … !

Nous laisserons chacun trouver sa propre explication ! Mais c’est cette beauté des papillons encore courants en France, tout proches de chez nous, si visibles et si difficiles à voir tout à la fois, que je désire vous faire partager dans ce livre.



Comme moi, vous aimerez donc les papillons !

aile postérieure gauche d'Apollo

des soleils rouges sur fond immaculé








lundi 15 août 2011

naissance de Psyché

Vous observerez que la Nature fonctionne (encore) comme une horloge : Psyché est née ce matin, dans la cage où (par précaution) j'avais abrité sa chrysalide. Je n'ai rien vu, occupé au jardin (encore). Un garçon ; une fille, le compte est bon.


Je l'ai sortie de sa cage, et posée dans l'herbe, elle m'a fait le grand jeu, me faire peur, ailes grand écartées.


et là, on a fait connaissance...


je lui ai fait le coup de l'homme qui parlait à l'oreille des papillons

ça c'est une confrère, du côté de ...Fukushima !

et puis j'ai voulu lui faire connaitre le fenouil

Voilà. Le soleil est annoncé cet après-midi. Le garçon (mais c'est son frère ! ) a été lâché la veille. Pour peu qu'ils se rencontrent, on va droit à l'inceste...!

C'est quand-même mal barré tout ça ?



vendredi 12 août 2011

happy birthday !

Ca s'est passé ce matin : je vérifie depuis quelques jours la première chrysalide : ça y est : on voit à travers !
Quinze jours très exactement après, la métamorphose de la seconde génération aura été brève !


Normalement, l'éclosion est proche. Mais j'attends le facteur. Il faut aller à la poste car hier il a oublié de sonner et m'a laissé le papier jaune habituel. Je ne veux pas rater la veille du congé du 15 août qui risque de me renvoyer mardi ! L'éclosion peut durer quelques heures encore. Je refais le tour du jardin, et méfiant je viens voir : raté,  il est déjà éclos !

on le voit bien tout mou, notamment les pointes recroquevillées des queues


De temps en temps il ouvre les ailes en les incurvant pour bien prendre le soleil. Sinon, il les tient fermées pour bien les raidir.

le séchage dure deux bonnes heures, et je commence à cuire au soleil. La poste ce matin, c'est fichu ! Et puis, il ouvre les ailes, c'est bien sec maintenant. Il lâche les gouttes habituelles par l'abdomen.





A midi pile, sans jamais avoir appris, il a battu des ailes, et est parti. Il a franchi la haie, et s'en est allé chez le voisin qui n'avait même pas participé. Il est parti sans que j'aie pu me rendre compte s'il avait pu s'alimenter. Mes fenouils sont en fleur, et le voisin n'en n'a pas. Je ne vois pas voler grand monde. Va-t-il trouver l'âme soeur ?

J'avais oublié : c'est un garçon...

                                                         je lui souhaite de trouver une Psyché...

jeudi 28 juillet 2011

17 jours plus tard

Observation dans la forêt que constitue, à l'échelle du monde des papillons, notre gros bouquet de fenouils.


la numéro un s'est chrysalidée sur place, en prenant la belle couleur verte de la tige qu'elle a choisi pour support



bien calée sur son coussinet, elle est suspendue à son harnais

la numéro deux est immobile, en attente de sa métamorphose

                                             elle a choisi la même attitude : rester sur place !

Désolé pour la troisième, elle n'ai pas bougé, pas grandi, sans doute s'est-elle fait piquer par une guêpe ?

Vous le voyez bien, c'est dur de survivre au milieu des fenouils !


dimanche 10 juillet 2011

Machaon : toujours présent

toujours présent
(ou plutôt : encore présent ?)
j'avoue être un peu pessimiste !

Nous sommes le 10 juillet, et j’inspecte les fenouils tous les matins : rien ! Vous savez qu’un jardin de ville constitue un refuge ultime, l’arche de Noé des papillons. Je ne vois plus aucun fenouil dans la nature ou au bord des routes. J’ai entre-vu voler l’adulte en avril sous les fortes chaleurs. S’il y avait une femelle, elle a du pondre ? Jusque là, rien. Pourtant mes trois pieds sont magnifiques, et ils envahissent le rosier voisin.


Aujourd’hui c’est dimanche, et j’effectue mon inspection journalière ! Les fleurs jaunes commencent d’éclore, formant leur ombelle si attirante. Il y a de magnifiques punaises rayées, pardon de ne pas savoir leur nom exact.


Et je fouille (des yeux) dans la masse verte. Et je vois la première. Fraichement sortie de mue, elle est encore petite, et va bien devoir manger encore quinze jours pour prendre sa taille définitive. Ca nous fait une chrysalide fin juillet ; et un papillon à la mi-août. Il va pondre et redonner une chenille en septembre : le cycle habituel !




Et puis je vois la seconde…



         Et jamais deux sans trois, je trouve la troisième. Exactement pareille, même stade, même taille.


Trois chenilles pour perpétuer l’espèce, ne me semble pas beaucoup. J’espère que d’autres que moi cultivent des fenouils (sans pesticides) ?

Je ne cherche pas à être polémique : Eva Joly avec son joli prénom Eve, et ses jolies lunettes carmin-marketting, va vraisemblablement  représenter les écologistes. J'aurais préféré Hulot. Je préfère encore davantage Nathalie Kosciusko-Morizet, notre ministre de l'Environnement. Elle a les compétences. Et comme cela m'arrive aussi, elle est devenue Ingénieur des Ponts, et des Eaux et Forêts. Le sigle c'est I.P.E.F. Il m'est demandé une photo pour figurer dans l'annuaire, qui va être le premier de ce nouveau corps. Non : Corps avec une majuscule ! Je tente de publier ma photo sur face-book, où je dédicace mon premier livret sur Euphénoides, il y a un an à Montauban. Ca fera au moins un I.P.E.F à déclarer ostensiblement être l'ami des papillons !

Je vais tenter d'inviter tout ce petit monde à voir mes trois petites chenilles, Pleines de promesses (ténues) pour les générations futures.

Après tout, il y a encore plus facile : il suffit qu'ils lisent mon blog ! Ca ne leur prendra qu'une minute, même pas on doit pouvoir faire cela en trente secondes ! 

Car qui (entre parenthèses) va leur parler de Machaon,

 si je ne m’en occupe pas ?